Guérir de la TIMIDITÉ

Extrait du Cours du Système Pelman

Guérir de la TIMIDITÉ

La timidité est une gêne intérieure, qu’éprou­ve l’individu dans sa conduite et dans son activi­té, en présence des autres.

SES MANIFESTATIONS

Étant timide, vous ne les connaissez que trop bien.

SES CAUSES

En général la timidité est provoquée parun manque d’équilibre ou de vigueur physio­logiques ; par un système nerveux affaibli, par un psychisme délicat ; par l’orgueil ou la vanité ;par un certain manque de courage.

1°- Fausse honte de soi-même :

a)   de son physique (différentes anomalies cor­porelles, taille trop petite ou trop grande, lai­deur du visage, grandeur excessive du nez, gau­cherie dans les mouvements,vêtements usés ou modestes).

b)  de ses manifestations physiologiques (rou­geur, pâleur de la face, tremblements du corps ou de la voix, battements de coeur, manque de respiration, moiteur des mains, angoisse, sueur froide, etc…).

c)   de sa personnalité psychique (idées, juge­ments, opinions, sentiments).

d)  de sa situation matérielle ou sociale.

2° – Tout autre aspect du sentiment d’infé­riorité.

3° –Manque de confiance en soi-même :

a)   d’une manière générale,

b)   au contact des autres.

4° –Craintes :

a) du ridicule ; de la critique; de l’hostilité;

b) de la responsabilité.

c)   des perturbations émotionnelles auxquelles on se sait sujet. Quelqu’un qui prévoit avec crainte que, dans telle situation, il rougira, aura des palpitations, sera maladroit de parole ou de geste, se rend, par là même, timide et augmentel’intensité de ses réactions physiologiques ou psychiques.

Il ne comprend pas que son émotivité ne gêne ni n’étonne personne; bien plus, qu’elle est éprouvée par presque tous les êtres intelligents et sensibles ; seulement, les uns l’acceptent comme une chose normale pour leur constitution psycho-physiologique, et n’y pensent plus, tandis que les autres (les timides) se considèrent comme anormaux, comme atteints d’une maladie honteuse, qui les dégrade ou les ridiculise aux yeux de leur prochain.

5° – Les scrupules (crainte de froisser les autres).

6° – L’impressionnabilité exagérée.

7° –L’indécision.

8° – Trop d’amour-propre et pas assez de sentiments altruistes.

9° – Connaissance insuffisante du monde extérieur (des gens et des situations). Ceci est le cas des êtres renfermés dans une « tourd’ivoire » et manquant de contact avec la réalité et avec la société humaine.

10° –Manque de « technique »  pour certai­nes actions, ou de l’habitude de certaines situations. Exemple :quelqu’un qui n’a pas l’habitude de parler en public, de se trouver dans un salon, etc…

11° –Manque d’esprit d’à-propos, de viva­cité dans les réparties.

12° –Présence du sexe opposé.

Nous nous sommes arrêtés longuement sur l’énumération des causes de la timidité, car on ne peut se guérir d’un défaut sans en avoirsupprimé les causes.

Choisissez donc, parmi ces douze paragraphes, ceux qui vous sembleront correspondre à votre cas.

Mettez-vous ensuite à l’oeuvre ;  combattez, non pas la timidité elle-même, mais ses causes.

Vous trouverez un guide sûr et fidèle dans le Système Pelman.

Pour le moment, tenez compte des conseils suivants :

1° –Toutes les causes de la timidité germent en un terrain commun, qui est l’auto-observation et  l’auto-analyse exagérées, au moment où l’onse trouve en présence d’autrui. Ce serait une erreur que de supprimer toute auto-analyse, fonction extrêmement utile.

Mais ne la pratiquez jamais pendant que vous parlez ou agissez en présence des autres : il n’est pas possible de surveiller tous ses mouvements, gestes ou pa­roles, dont la plupart se produisent d’une façon automatique.

L’intervention de l’auto-obser­vation ne peut qu’affaiblir votre contact avec le monde extérieur et augmenter encore votre émotion et le trouble de votre esprit.

En public, ne pensez jamais à vous-même…

Il faut, au contraire,tourner votre attention vers le monde extérieur.

Au lieu de vous regar­der agir, de vous écouter parler, intéressez-vous au sujet de la conversation ;  au lieu de vous enfer­mer dans vos sentiments, d’analyser sans cesse vos pensées, lisez plus attentivement dans l’âme des autres, cherchez à comprendre leurs senti­ments et leurs pensées.

Ne vous repliez pas au moindre heurt, ne soupçonnez pas des ennemis partout. Le timide est seul, moralement seul :  c’est la raison de sa détresse, et c’est à quoi il doit parer par plus de sociabilité.

« Excellents conseils » direz-vous, mais qu’il m’est impossible d’observer, dans l’état où je me trouve lorsque j’entre dans un salon ou aborde une personne inconnue :  je me sens la tête vide, l’esprit troublé et je suis incapable de penser à autre chose qu’à moi-même ».

Vous surmonterez aisément cette difficultési vous établissez un plan d’observation pour les situations qui vous intimident.

Ainsi, une fois entré dans un salon, comptez:

a) le nombre des hommes et celui des femmes;

b) combien il y ade bruns, blonds ou chauves ;

c) le nombre des objets (tables, chaises, etc…).

Devant un inter­locuteur, examinez :

a) sa taille;

b) la couleur de ses cheveux ;

c) de ses yeux ;

d) la forme de son nez ;

e) la couleur et les dessins de son costume, etc…

Traduisez ensuite vos observations par des phrases que vous composerez.

Votre plan doit être simple à exécuter, de­mander le moins possible de réflexion. Il sera le même pour toutes les situations semblables et vous l’apprendrez par chœur.

Vous l’applique­rez aussitôt que vous vous sentirez intimidé.

Traitez-en l’exécution comme une action de véritable importance.

Avec un certain entraî­nement, il s’effectuera de lui-même et ne vous empêchera pas de saluer les gens ou d’entamer une conversation. 

  Voici encore un procédé simple et d’une efficacité vérifiée dans des centaines de cas.

Lorsque vous êtes seul et parfaitement calme, faites tous les jours, pendant quelques minutes, un certain mouvement :

Par exemple, la flexion successive de tous les doigts de votre main gauche ;

Les mouvements doivent être exécutés avec beaucoupd’attention, d’une manière très lente, pour éviter tout automatisme ; 

L’étendue des mouvements doit être presque imperceptible(vous devez plutôt les sentir que les voir) ;

L’entraînement ne doit pas durer moins d’un mois .

Ayant suffisamment renforcé l’association entre votre calme intérieur et le mouvement choisi, il vous suffira, lorsque vous vous sentirez intimidé, d’exécuter ce mouvement, pour couper court à la crise de timidité.

Pensons, par exemple, à la personne qui, invitée à un dîner, éprouve un tremblement de la main en portant la cuillère à sa bouche.

Eh-bien, elle sera complètement dégagée de sa gêne si, en même temps que le geste alimentaire, elle fait, avec les doigts de la main gauche, les mouvements préconisés, très lentement, avec une attention concentrée. La main droite trouvera toute seule son cheminvers la bouche.

Citons, à titre d’exemple, quelques procédés analogues ; certains mots, phrases ou mélodies prononcés intérieurement. Les musiciens n’ont qu’à « jouer »  (intérieurement) lentement, une gamme, pour se mettre dans l’état de concentra­tion qui leur est familier pendant l’étude.

  À chaque état d’âme correspond une cer­taine expression de la figure, de même qu’une certaine attitude corporelle.

Un homme triste, déprimé, aura les traits tirés, la tête penchée, ledos courbé, les mouvements mous et lents, la voix éteinte.

Par contre, celui qui est plein de joie aura la démarche ferme et décidée, la tête haute, les mouvements vifs et élastiques, la voix sonore.

L’état d’âme s’est associé d’une manière tellement étroite à l’état corporel qu’ils se déclenchent mutuellement.

En effet, il suffit de prendre l’attitude corporelle de la gaîté ou de l’assurance pour faire le premier pas décisif dans la lutte contre la tristesse ou contre la timidité:

Donc, quand vous vous sentez surex­cité, troublé, ralentissez vos gestes, vos pa­roles, prenez l’attitude corporelle d’un homme d’action, sûr du succès.

Ayez une démarche fer­me, un regard et un ton assurés. Le reste viendra.

   Oser est également une question d’habi­tude.

Recherchez la compagnie et les occasions de parler.

Prenez l’habitude d’affirmer votre personnalité toutes les fois que l’occasion se présentera, quelque insignifiante qu’elle soit.

Commencez par exécuter ce qui vous coûtera le moins ; vous l’accomplirez sans trop de peine et acquerrez ainsi de la confiance en vos propres forces.

 5° –Prenez soin de votre hygiène générale: « in corpore sano mens sana ».

Voici ce que préconise, à ce propos, le Dr Hartenberg :