Dès 76 ans, Roland
Liboiron a conseillé bénévolement
des hôteliers de pays en développement, mais...
Il doit s’arrêter à 85 ans faute
d’assurance sur les avions !
S’il n’en tenait qu’à lui, il travaillerait encore pour la
SACO, dit Roland Liboiron alors qu’il avait 90 ans.
Pas de retraite pour celui qui a maintenant 94 ans et qui
est encore en pleine forme. Il vient de terminer un travail
colossal qui consistait à écrire ses mémoires. Le
résultat : presque 900 pages en 3 tomes.
Né en 1911 dans le quartier St-Henri de Montréal, il en a
des histoires à raconter… Dans sa vie active, il a côtoyé les
grands de ce monde lorsqu’il était hôtelier: hommes d’affaires,
sportifs, vedettes de spectacles, personnages Américains ou
Canadiens importants, nommez-les, il les connaissait.
Les joueurs de hockey Canadiens de Montréal dont il était un
fervent admirateur furent parmi ses clients à l’Alpine Inn, un
chic hôtel de villégiature des Laurentides dont il était le
directeur… Ah, oui, il fut aussi chroniqueur sportif pour le
journal Le Miroir.
Dans ses débuts de carrière, à 20 ans, il organise des
concours de beauté afin de couronner une « reine des
Sports ». En 1931, ce concours conduira au couronnement à
New York d’une canadienne française et fera d’elle une
célébrité internationale.
La province de Québec en retira une publicité inestimable,
mais le déclenchement de la deuxième Guerre met fin à la
carrière de « juge de concours de beauté » de
Roland.
Ensuite, c’est une carrière en hôtellerie qui attira le
jeune Liboiron. Et pas n’importe quel hôtel… Les meilleurs,
rien de moins. Et ces hôtels avaient quelque chose en
commun : ils étaient tous des rendez-vous pour gourmets.
Roland aimait la fine cuisine et les établissements qu’il
dirigea indiquaient bien son penchant pour la gastronomie.
Avec un ami comme Gérard Delage, comment ne pas être
contaminé par les plaisirs de la bonne chère? Il était membre
de clubs comme Les Gourmets du Nord, Les Compagnons de la Bonne
Table et les Amis d’Escorffier.
Il y a même un club de gastronomie qui porte son nom en
Bolivie!
Roland Liboiron est un pionnier de la bonne hôtellerie au
Québec. Son rôle d’ambassadeur du tourisme lui a valu la
Médaille d’argent du Tourisme du gouvernement canadien.
Une carrière de plus de 55 ans comme hôtelier au
Canada… et ce n’est pas fini!
À 76 ans, il s’enrôle
avec la SACO pour aller donner un coup de main à des hôteliers
du Tiers-Monde qui en ont bien besoin.
Pendant 9 ans, il se séjournera en Tunisie, La Côte
d’Ivoire, le Cameroun, le Nicaragua et la Bolivie. Ils
bénéficieront de sa vaste expérience en gestion d’hôtel,
d’éthique gastronomique et de principes d’accueil pour réussir
dans le tourisme et l’hôtellerie.
« Ce furent des années merveilleuses
pendant lesquelles j’ai vécu une retraite
passionnante », s’exclama-t-il les yeux
brillants, lors d’une interview de Nathalie Nolin, pour le
journal La Presse du 19 décembre 1999.
Il a bien aimé la Bolivie et ses habitants qu’ils trouvent
bien accueillants. Ce sont eux qui ont tellement apprécié sa
présence et son aide qu’ils ont fondé le Club des
gourmets Roland Liboiron en son honneur.
Malgré son âge respectable de 85 ans, ce grand voyageur se
déplaçait seul dans les aéroports et ne craignait pas
d’attraper une maladie tropicale ou autres dangers.
Mais toute bonne chose a une fin et cette carrière se
termine parce qu’il ne peut avoir d’assurance dans les avions,
tel que le stipule la loi.
Dommage pour tous ceux qui avaient encore besoin de
lui! Gilles Gauthier
Mariés depuis 58 ans à Marie-Jeanne,
ils ont eu 3 garçons et une fille. Un des fils, Robert, est
restaurateur en Haïti...Tel père, tel fils, comme on
dit!
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